Dialogue social dans les professions libérales 

   

« Les professions libérales sont-elles en pointe dans le domaine du dialogue social ? » Tel était le thème d'une table ronde organisée le 12 décembre 2011 par l'observatoire des métiers des professions libérales (OMPL) dans les locaux du conseil économique, social et environnemental. Il nous a semblé utile de synthétiser ci-dessous les arguments présentés par Arielle BONNEFOY, qui représentait notre Fédération à cette occasion.


Dans une société où le dialogue social existe, l'équilibre entre les organisations d'employeurs et les syndicats de salariés est primordial.


Cet équilibre est l'une des conditions fondamentales pour obtenir un dialogue social de qualité, afin de prévenir et résoudre d'éventuels problèmes sociaux. De plus, cette qualité de dialogue ne peut se réaliser qu'à travers un syndicalisme de branche. Il s'agit d'une spécificité qui garantit une meilleure compréhension entre employeurs et salariés de la branche et qui apporte de meilleures garanties aux salariés.


On peut affirmer que le dialogue social en pharmacie d'officine est vivant et actif, depuis longtemps. Il fut même précurseur, puisque la branche de l’officine a été l’une des premières à mettre en place son régime conventionnel de prévoyance et de frais de soins de santé pour ses salariés.

  

Il faut rappeler également que, suite à la loi de Février 1950, la mise en place de la convention collective nationale a été initiée par Force Ouvrière. Convention collective qui est le socle de la négociation collective de branche.

 

La bonne santé du paritarisme peut se mesurer à l'aide de plusieurs indicateurs :

-       La présence d’une ou plusieurs organisations structurées spécifiquement autour du secteur professionnel concerné (l’officine en ce qui me concerne) est fondamentale. En clair, quand une organisation syndicale de salariés est noyée dans une foule de secteurs différents, elle ne connaît pas finement ni les problèmes ni les spécificités de la branche et ne peut donc pas avoir un rôle moteur dans la négociation. Je rappelle que c’est une spécificité de Force Ouvrière d'avoir une fédération dédiée aux métiers de la pharmacie.

 -       Un autre indicateur de bonne santé du paritarisme dépend de la typologie des entreprises. Même si le paysage pharmaceutique se modifie, les pharmacies d'officine restent majoritairement des TPE. Par conséquent, la pharmacie reste à taille humaine, ce qui impacte la manière dont le dialogue social se déroule : écoute et respect des interlocuteurs sont souvent de mise. Mais ceci est à surveiller, car les regroupements d’officines et la menace d’ouverture du capital peuvent assombrir le paysage.

  

Le paritarisme s’exerce de plusieurs manières à Force Ouvrière : on peut endosser, selon les instances, le rôle de négociateur, de partenaire ou de gestionnaire :

 -     Négociateur dans les commissions paritaires, où des négociations âpres, voire rudes se déroulent.

 -     Partenaire à la commission paritaire nationale de l'emploi et de la formation professionnelle où les violons s’accordent souvent pour favoriser les avancées dans la formation professionnelle ou en matière d’emploi, thèmes au premier plan de nos préoccupations.

 -     Gestionnaires enfin quand nous siégeons dans les comités de gestion des régimes de prévoyance, où, ensemble, nous défendons les intérêts des salariés et des entreprises.

 

Le dialogue social est une réalité mais cette réalité peut présenter des  difficultés.

 

La détérioration de la situation économique impacte directement la politique salariale mais force est de constater que, même dans les périodes les plus fastes, elle ne fut pas beaucoup plus offensive ! Les propositions patronales se calquent toujours sur l’augmentation du SMIC ; de plus nous en sommes à ce jour au blocage des salaires depuis deux années...

 

Plus généralement, toute disposition qui peut être considérée comme une avancée pour les salariés représente une contrainte a priori insupportable pour les entreprises ! Tendance inquiétante !!

 

Pourtant des chantiers et des débats d’avenir s’annoncent, comme la dépendance qui justifie la création d’un nouveau risque pour le régime de prévoyance.

 

Pour préparer l’avenir, il faut anticiper. Certes des initiatives existent, comme les études sur le turn-over et le temps partiel dans les officines, qui ont été réalisées avec le concours de l’OMPL. Actuellement, d’autres études sont en cours mais il faut se servir de la boîte à outils et ne pas la laisser fermée, comme les conclusions du contrat d'études prospectives de 2006 qui n’ont pas été utilisées !

 

La reconnaissances des salariés, l’attractivité des métiers de la pharmacie pour les futurs professionnels sont des thèmes à aborder.

 

Le dialogue social en pharmacie a de l’avenir et FO PHARMACIE compte bien y garder la place centrale qui est la sienne.

 

 FORCE OUVRIERE revendique un dialogue social nourri, préférant un bon compromis à la politique de la chaise vide.

 

 Merci de votre attention.

 

Arielle BONNEFOY